Le réalisateur Nouri Bouzid, ancien de l’Insas, présente son dernier film en prison

Le réalisateur Nouri Bouzid, ancien de l’Insas, présente son dernier film en prison

Dans le cadre des Journées cinématographiques de Carthage (JCC), en Tunisie, le réalisateur Nouri Bouzid, ancien étudiant de l’Institut national supérieur des Arts du Spectacle et Techniques de Diffusion (Insas) à Bruxelles, a présenté cette semaine son dernier film dans une prison de la banlieue de Tunis.

La présentation de ce film était l’occasion pour lui de livrer un témoignage de son expérience de détenu dans les geôles tunisiennes et du soutien dont il a bénéficié de la part d’une section belge d’Amesty international.

Formé à l’Insas, le septuagénaire tunisien a marqué sa carrière cinématographique de son histoire personnelle, dont un passage de cinq ans et demi en prison, justifié par son activisme politique.

Cette semaine, dans le cadre du festival cinématograhique des JCC, le réalisateur a présenté son dernier long métrage, intitulé “Les Epouvantails”, aux détenus de la prison civile de Mornaguia, dans la banlieue de Tunis. “J’étais un enfant de mai 68 et un militant de gauche. J’ai alors découvert une autre manière de vivre, d’être et de penser“, confie-t-il. Intégrant le mouvement “Perspectives”, un groupe d’opposition politique tunisien né dans le milieu estudiantin européen, Nouri Bouzid s’y investit pleinement jusqu’au moment de son arrestation et de son incarcération au début des années 1970. “Alors que je me trouvais en prison, j’ai été adopté par un groupe d’Amnesty international de Bruxelles qui m’a permis d’entretenir mes liens avec le cinéma en m’envoyant régulièrement des livres et des revues. Cela m’a beaucoup aidé“, se souvient le réalisateur qui s’est rendu cette semaine dans une prison civile tunisienne pour y présenter aux détenus son dernier long métrage. “Curieusement, il y a des thèmes qui reviennent très souvent chez moi. Tous mes personnages sont des perdants qui ont été malmenés, cassés, détruits, violés, emprisonnés, torturés… Dans mes films, je ne rate pas une occasion de parler de l’enfermement“, conclut-t-il.

Belga / Image: Belga

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